Saturday, July 26, 2014

100e anniversaire de «l’incident» du Komagata Maru: une lutte à finir - PCR-RCP Canada

100e anniversaire de «l’incident» du Komagata Maru: une lutte à finir

26 juillet 2014
Rassemblement de masse pour célébrer le 100e anniversaire de l’«incident» du Komagata Maru
Dimanche 27 juillet à 14h00
au Carré Robson, à Vancouver
Organisé par le Comité pour le célébration du 100e anniversaire du Ghadar Party
Info: www.ghadarparty.com
Des événements commémoratifs se tiennent un peu partout au pays à l’occasion du 100e anniversaire de ce que l’histoire officielle a qualifié « d’incident du Komagata Maru », du nom du navire sur lequel quelque 376 passagères et passagers venus du Pendjab ont tenté d’entrer au Canada, en dépit des lois racistes qui empêchaient en pratique les ressortissants de ce qui était alors le « Raj britannique » d’immigrer au pays.
Malgré le fait qu’en 1913 seulement, le Canada avait accueilli plus de 400 000 nouveaux arrivants (d’Europe, principalement), ceux qui étaient considérés comme des « Brown people » étaient systématiquement refoulés. Inspirés par le mouvement anticolonialiste et anti-impérialiste grandissant en Inde, des centaines de Pendjabis ont répondu à l’appel de Baba Gurdit Singh et résolu de défier ouvertement les lois racistes en tentant d’entrer au Canada.
Arrivé le 23 mai 1914 dans la baie Burrard près de Vancouver, le navire a immédiatement été intercepté et empêché d’accoster par les autorités de l’immigration. Après des semaines de pourparlers et d’affrontements pendant lesquels le gouvernement n’a pas hésité à déployer la Marine royale, seulement 20 passagers ont été autorisés à entrer au Canada, les autres ayant tous été refoulés en Inde.
Arrivé à Calcutta le 27 septembre, le navire a été arraisonné par la marine britannique, qui a tenté de procéder à l’arrestation d’une vingtaine de passagers considérés comme les « leaders » du mouvement. Dans le brouhaha qui a suivi, 19 personnes ont été assassinées, la plupart des autres ayant été arrêtées et jetées en prison.
« L’incident » du Komagata Maru est survenu dans un contexte de forte mobilisation, en Inde et à l’étranger, contre l’Empire colonial britannique et la misère qu’il imposait à ses millions de « sujets ». Un an plus tôt, des ressortissants pendjabis sur la côte ouest des États-Unis et du Canada avaient fondé un parti, le « Ghadar Party » (« Parti de la rébellion »), dont l’objectif était de lutter pour l’indépendance de l’Inde. Baba Gurdit Singh en était d’ailleurs sympathisant.
Cent ans plus tard, Komagata Maru demeure un puissant symbole, non seulement du racisme au cœur de la construction et du développement de l’État canadien, mais aussi de la résistance anti-impérialiste et des aspirations légitimes des peuples subjugués par les grandes puissances coloniales. Ces phénomènes – oppression et résistance – persistent encore au 21e siècle. Ils s’incarnent notamment dans la poursuite du vol des territoires autochtones par la bourgeoisie canadienne et le resserrement des politiques d’immigration du Canada.
À l’occasion du 100e anniversaire de cet important événement qui fait partie de l’histoire populaire du Canada, il est parfaitement juste et approprié de dénoncer le racisme inhérent de l’État canadien. Mais l’héritage du Komagata Maru est encore plus grand : c’est tout le projet colonialiste et impérialiste de ce qui était alors l’Empire britannique qu’il remettait en cause.
L’héritage du Komagata Maru, il s’incarne aussi dans la résistance en cours en Inde, où les ouvrières et ouvriers exploitées, la paysannerie pauvre et les millions d’Adivasis luttent pour se libérer des anciens et nouveaux oppresseurs. Et encore une fois, l’État canadien se range totalement du côté de ces derniers. Rendre hommage aux héros du Komagata Maru passe donc aussi – sinon d’abord – par notre engagement à lutter pour défaire l’impérialisme canadien et mettre à mort le système dont il fait partie.

No comments:

Post a Comment